
François Laforge, grand passioné de sport, a pratiqué le football pendant plus de 20 ans. Il a collaboré à la réalisation de nombreux ouvrages sportifs. Il est l'auteur, depuis 1995, du Guide français et international du football (editions De Vecchi). Amoureux et supporter du TFC, il nous fait l'honneur de devenir notre chroniqueur. Toutes les mois, il donnera son avis sur l'actualité du club, sur ses tensions, ses remous mais aussi ses joies et ses moments forts. Pour cette cinquième chronique de la saison, François Laforge évoque la situation actuelle du TFC ...« Serge Gainsbourg, dont on commémore ces jours-ci les 20 ans de la disparition, composa en 1981 pour la superbe Catherine Deneuve cette non moins superbe chanson, « Dépression au dessus du jardin », œuvre majeure malheureusement largement méconnue si ce n'est des inconditionnels de l'homme à tête de chou.
Les inconditionnels du TFC, quant à eux, ressentent, lorsqu'ils voient évoluer leurs joueurs préférés, une espèce de « dépression au dessus du terrain », tant la frustration et l'impuissance semblent être la règle chaque fois que les violets s'éloignent de l'île du Ramier.
Et ce n'est pas le récent déplacement dans la capitale qui infirmera cette bien désagréable sensation.
On ne reconnaît plus la maison TFC : Là où la rigueur défensive était une marque de fabrique, un socle sur lequel tout reposait, et ce depuis plusieurs saisons, les cadeaux aux attaques adverses ne se comptent plus, anéantissant par la même les louables efforts , les progrès indéniables, accomplis dans la maîtrise des matches et la fluidité du jeu proposé.
A qui la faute ?
Il serait facile (et tentant, convenons en ! )de stigmatiser les erreurs des seuls défenseurs, dont certains, emblématiques du club de surcroît, effectuent une saison pour le moins décevante.
Mais , et c'est assez rare pour être relevé, ils ne se cachent pas, eux, derrière leur petit doigt et en conviennent.
Oui ce serait vraiment trop facile !
Et profondément injuste.
Car il semble quand même que le mal essentiel réside dans la frilosité qui a prévalu au non-remplacement, du seul attaquant violet réellement efficace ces dernières saisons..
On veut bien admettre qu'il était envisageable de parier sur la jeunesse de deux jeunes joueurs prêtés, de ne pas se précipiter dans un choix hasardeux à quelques jours de la fin du mercato estival, lorsque Gignac prit finalement le chemin de la Canebière.
Car dénicher la perle rare en quelques jours, à la fin du mois d'août, relève de la mission impossible, nous en convenons aisément.
Mais dès la trêve hivernale, il n'y avait pas besoin d'être grand clerc pour comprendre où le bât blessait.
Et corriger alors sérieusement le tir.
Cela n'a pas été fait et tous les efforts, réels, de l' équipe pour enfin proposer du jeu se trouvent anéantis par une finition catastrophique.
Pour ne pas dire inexistante.
Ce dernier revers parisien, s'ajoutant à ceux endurés contre Rennes, Lille et Saint Etienne( dont on ne peut s'empêcher de penser, qu'ils eurent pu être évités avec une ligne d'attaque digne de ce nom) sonne le glas, sauf improbable miracle, des ambitions téfécistes pour cette saison.
A l'heure où le questionnement sur la désaffection du Stadium fait débat, une partie non négligeable de la réponse réside sans doute dans ce manque assumé d'autre ambition qu'une place dans le ventre mou du classement.
« Je suis venu te dire que je m'en vais » chantait Gainsbourg.
Le risque n'est pas mince si on n'y prend garde, qu'à force, les supporters violets, lassés, fredonnent la chanson à l'intention de leur équipe. »